Christchurch, ville paradoxale

Christchurch Center

Voici venu le temps de faire le point sur nos 3 semaines passées à Christchurch, une ville paradoxale qui cache beaucoup plus de choses qu’on ne le pense.

 

UN NOUVEL AN PAS COMME LES AUTRES

Nous avons donc eu l’occasion de passer le premier de l’an à Christchurch … entre français. On vous l’accorde, ce n’est pas très original mais ça nous a permis de faire de belles rencontres ! Nous nous sommes retrouvés au Smash Palace sur High Street (une des rares rues animées de la ville !) pour déguster une bonne bière.

Après avoir déambulé dans la ville déserte et testé le bar The Bog, nous avons voulu assister au fameux feu d’artifice qui se déroulait dans le Botanic Garden. A peine arrivé le décompte commence … 3, 2, 1 HAPPY NEW YEAR ! Le feu d’artifice débute, nous avons à peine le temps de sortir nos appareils photos et surprise … fin du feu ! Et oui ce feu d’artifice a été le plus court de notre vie … à peine 2 minutes ! Un peu surpris nous avons interrogé quelques locaux qui étaient quant à eux plutôt satisfaits. Cela nous change des traditions françaises !

Le plus surprenant c’est que les bars et clubs ferment à 3h. Même pour un soir du premier de l’an, pas d’exceptions. Nous sommes donc rentrés bredouille après 2 heures de marche. Oui, oui 2 heures car si la ville a un réseau de bus très pratique (et peu cher comparé à Auckland) il n’y a malheureusement pas de bus de nuit et le stop n’a pas fonctionné ce soir là (au moins la bière et le burger sont direct éliminés!).

 

UNE VILLE VIDE

Christchurch se remet doucement des nombreux séismes qui l’ont touché dont le plus dévastateur en 2011 qui avait fait 185 victimes et a détruit 80% des bâtiments des quatre grandes avenues de la ville. Aujourd’hui encore en nous promenant dans les rues nous avons un peu l’impression d’une ville fantôme avec des nombreux travaux dont on a l’impression qu’ils ne se finiront jamais. On peine à imaginer que le séisme a eu lieu en 2011.

Après avoir discuté avec notre hôte, nous apprenons que la ville a beaucoup souffert et que suite au séisme plusieurs zones ont été déclarées :

  • red : pour les zones non-constructibles et inaccessibles au public, les maisons et les immeubles y ont été rachetés par l’état et détruits.
  • orange : pour les zones à problème, l’Earthquake Commission était alors chargée de contrôler les habitations une par une et prendre une décision sur leur avenir.
  • green : pour les zones épargnées.

Lors d’une balade conseillée par notre hôte (où vous pouvez récolter les fruits des anciennes maisons) nous avons eu l’occasion de parcourir la Red Zone, une zone vide avec quelques maisons abandonnées ou en travaux qui donnent une drôle d’impression de ville apocalyptique.

 

CHRISTCHURCH UN ETAT D’ESPRIT 

Pour rompre avec cette ambiance un peu froide, de nombreuses oeuvres de street art se retrouvent dans la ville, vous avez également de nombreux aménagements et événements temporaires qui redonnent vie aux lieux. Ce qui fait de cette ville un endroit très paradoxal donnant l’impression que certaines rues sont complètement désertées et d’autres très animées.

Si la ville est fortement endommagée et n’a pas l’air chaleureuse, il faut creuser plus loin et partir à la rencontre de ces habitants. En effet, ces différents séismes ont marqué les habitants qui ont tous une histoire à raconter et la partage avec plaisir : ressenti du tremblement, solidarité mise en place, rénovation de maisons …

Ces événements ont parfois complètement changé leur vie, nous avons rencontré beaucoup de personnes qui nous avouent « profiter de la vie ». Diminuer leur temps de travail pour prendre plus de temps pour eux, pour leur famille et même pour leur vie de quartier. Nous avons pu le voir de nos propres yeux, de nombreux petits marchés solidaires, des échanges de plantes, une carte permettant de visiter les potagers de la ville, etc. Si les Kiwis sont d’un naturel accueillant, à Chirstchurch cela se ressent d’autant plus.

De nombreux quartiers animés se sont développés comme le Re:Start Mall. Cet espace se compose de nombreux containers aménagés en boutiques qui ont été disposés sur les ruines d’un ancien centre commercial. Cet espace est haut en couleur, on y retrouve l’ambiance d’un centre ville animé avec boutiques, restaurants, oeuvres d’art … Un véritable projet de Re:donner vie au lieu !

Cette ville ne laisse personne indifférent et si les impressions sont souvent radicalement opposées (on aime ou on déteste) cette ville nous fait au moins nous rendre compte à quel point la nature peut facilement reprendre ses droits.

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